YZ l’ARTISTE : ETERNELLES AMAZONES

Eternelles amzones photo de l'article

Sur les murs des restaurants, l’expo street-art  « Eternelles Amazones » signée par YZ, l’artiste rend hommage aux Amazones de Dahomey pour évoquer le combat de  toutes les femmes d’Afrique qui se battent pour faire vivre leur famille.

YZ l’artiste : une amazone engagée !

Yseult Digan, alias YZ, prononcé «eyes», est une artiste engagée et guidée par une envie d’humanité. Dès 2003, elle se fait connaître grâce à la série « Open your eyes », son premier projet urbain d’envergure utilisant la technique du pochoir, qu’elle décline sur plusieurs supports. Très vite, YZ trouve sa propre signature esthétique à travers l’utilisation du papier, de l’encre de chine et du rouleau.

Avec une exigence extrême, YZ navigue à travers des projets au spectre large en se fiant à son instinct. Sans artifice, elle peint, colle et bombe des figures féminines des années 1900, des paysages urbains ou des portraits percutants qui font sens dans la lutte contre l’esclavage et pour les droits civiques.

Avec le projet «Éternelles Amazones» les portraits de femmes sont collés sur des cantines ou des devantures des restaurants souvent tenues par des femmes. La fragilité du papier confère au projet une sensibilité propre au sujet. Le collage, par définition éphémère amène également une poésie à cette série qui fait trôner ces femmes dans le paysage urbain tel des entités.

Sous les doigts des passants l’oeuvre s’effrite, disparaît et ne laisse qu’une image, un moment intemporel archivé par une photographie.

Interview

Comment est né le projet Eternelles Amazones  ?

Quand je suis arrivée au Sénégal en septembre 2014, je souhaitais travailler sur un projet ayant une résonance à l’histoire locale. Je connaissais l’histoire de certaines femmes sénégalaises qui avaient marqué l’histoire, notamment Aline Sitoe Diatta. En faisant un travail de recherche, j’ai découvert l’histoire des Amazones de Dahomey qui m’a fasciné.  J’ai toujours été intéressée par les femmes qui se battent. J’ai grandi aux sons de Myriam Makeba, les combats contre l’apartheid et pour la liberté des femmes m’ont porté toute ma vie. Ces femmes m’inspirent et j’espère qu’elles inspireront d’autres femmes pour qu’elles écrivent leur destin.

Eternelles Amazones peinture sur le mur d''une case au Sénégal
©YZ-l’artiste-collage encre de chine sur papier de soie -2014- Mbour
Où vivaient ces amazones ?

Les Amazones de Dahomey vivaient au Bénin. Le projet «Amazones» s’articule autour de ces Amazones du Dahomey, mais finalement le projet parle des femmes qui se sont battues sur le territoire africain, contre l’envahisseur, notamment les colons. Ces combats me touchent d’autant plus que j’ai des origines guadeloupéennes, une terre connue pour le marronnage lors de l’esclavage.

Quelles sont les amazones que vous avez choisi de mettre en avant ?

Le projet comprend une partie de portrait d’Amazone anonymes et une seconde série qui représente de nombreuse femmes de différents pays d’Afrique. Aline Sitoe Diatta et Marka Dia du Sénégal, Yaa Asntewa, Yennenga, Ndate Yalla, Llinga, Amina et enfin Seh Dong Hong Beh, cheffe de l’armée des Amazones de Dahomey.

Est-ce-qu'en Afrique ces Amazones sont connues du grand public ?

Oui, ces femmes sont connues. L’Afrique est une culture orale et l’histoire se transmet de génération en génération d’autant plus quand il s’agit de promouvoir des personnalités qui se sont battues pour la liberté de leur pays. Mais il est intéressant de juxtaposer ces différentes histoires qui se sont passées sur le contient africain pour leur donner encore plus de force et faire parler de ces femmes au-delà des frontières pour créer un univers référentiel. 

Pourquoi avoir choisi de les exposer sur les devantures des cantines ?

Le projet vise a rendre hommage aux femmes d’hier mais surtout d’aujourd’hui qui se battent quotidiennement pour faire vivre leur famille. Je parle d’un combat de vie plus qu’un combat aux armes. Les femmes africaines contemporaines sont le futur de l’Afrique. Ainsi, coller mes affiches sur les cantines qui leur servent de lieu de travail pour vendre les plats traditionnels apportait du sens au projet. Le support, dans mon travail a forcement une symbolique.

Eternelles Amazones peinture sur une devanture de restaurant au Sénégal

©YZ-l’artiste
Comment décririez-vous votre approche street-art, y a t-il une démarche féministe ?

J’utilise la ville comme une matière. Il y a une triangulaire qui s’opère généralement, avec une réflexion sur le lieu, l’habitat et l’habitant. A partir de là, j’explore des thématiques qui sont propres à mon identité et à mes convictions. Je ne me positionne pas comme féministe ou activiste. Les codes et le fonctionnement de la société actuelle ne me conviennent pas, je suis à la recherche de porte-parole et de référent qui m’inspire, me porte et offre une autre vision de notre monde.

Quel est votre prochain projet ?

«Empress», explore la richesse culturelle de différentes communautés à travers le monde en m’intéressant plus particulièrement aux parures et ornements que portent les femmes. La parure est une forme d’affirmation identitaire que je trouve intéressante de promouvoir dans notre société qui glorifie le conformisme et le consumérisme. Empress est un hommage aux femmes qui vise encore une fois a créer un univers référentiel en mettant en lumière des femmes porteuses d’une culture forte. L’exposition est programmée à la Urban art biennal Volklingen à partir du 9 avril 2017.

L’exposition est à voir à la fondation Blachère à Apt (France) jusqu’au 6 mai 2017.

Suivez les actualités de l’artiste sur son sitewww.yzart.fr

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